La startup Preezm était présente sur le stand de La Mêlée Adour pendant le salon de La Mêlée Numérique à Toulouse.
La keynote Preezm du 25/06 dont le thème était “Décentralisation et vie privée: restaurer la confiance avec une relation client 3.0″ et présentée par Nebojsa Stojanovic, a suscité un engouement et de nombreuses questions sur l’avenir de la relation clients dans une époque où la confiance numérique se dégrade depuis plusieurs années.

http://fr.slideshare.net/Preezm/dcentralisation-et-vie-prive-restaurer-la-confiance-avec-une-relation-client-30

La confiance est « Un état psychologique se caractérisant par l’intention d’accepter la vulnérabilité sur la base de croyances optimistes sur les intentions (ou le comportement) d’autrui »   L’Analyse Economique de la Confiance, Bruxelles, De Boeck Université, coll. « Ouvertures Economiques »

Tout est confiance: l’Economie, les Banques, les Religions, la Société elle-même.

L’économie est basée sur la confiance: on parle d’indice de confiance des entreprises, ou des ménages, qui est indicateur important parce qu’il détermine la propension à consommer ou à investir et donc à faire tourner l’économie. Le système bancaire est basé sur la confiance: tous les clients d’une banque ne peuvent retirer tout leur argent en même temps. Un ratio garantie une faible quantité de liquidités disponibles. Plaute (200 avant JC) disait « Quand on ne le connaît pas, l’homme est un loup pour l’homme », ce n’est que par la société que l’on fait un peu plus confiance en son prochain et surtout dans le système policier et judiciaire, sinon, on serait tous armés pour assurer sa sécurité.

La confiance est fragile

Jean-Paul Sartre disait « La confiance se gagne en goutte et se perd en litres. », 2013 connaît une rupture massive de confiance dans le numérique suite aux révélations de Snowden sur un secret de polichinelle qui confirmait ce que tout le monde suspectait, à savoir que toutes les données personnelles étaient potentiellement récupérables. Le contexte est propice pour ces pratiques puisque la Data est considéré comme le nouveau pétrole du XXIème siècle, les individus subissent des collectes massives et anarchiques par des opérateurs numériques aux moyens illimités.

C’est l’ère du Big Data, des outils d’analyse et de décision, en  parfois même la Data devient un outil de décision, comme en politique ou en économie.

Ce qui est très utile pour les données anonymisées sur la consommation d’eau par exemple, la gestion du trafic ou d’autres applications concernant l’organisation de nos infrastructures. On peut ne pas apprécier que les mêmes méthodes s’appliquent à nos données personnelles, mêmes anonymisées, puisqu’on le sait, le croisement de données anonymes permettent de retrouver les personnes.

Les comportements de chacun doivent prendre en compte ces nouvelles pratiques. Les outils sont en effet si puissants, que par exemple une simple photo Facebook de vous lors d’un BBQ, permet d’en savoir énormément: géolocalisation, vos amis qui peuvent être facialement reconnus, le type de vin de vous buvez, le type de BBQ. Si vous faites un BBQ en Ile de France dans un jardin: vous êtes CSP+….bref on en sait énormément sur quelqu’un avec une simple photo.

En conséquence, 80% des consommateurs estiment que la confidentialité de leurs informations personnelles n’est pas correctement assurée et 30% pensent modifier leur façon de communiquer sur les outils numériques (Source BVA-Syntec Numérique 09-13).

Plutôt que propriété, on parle plutôt d’autodétermination informationnelle ou de libre disposition

Ce concept, forgé par la Cour Constitutionnelle Allemande en 1970, consiste à garantir « la capacité de l’individu à décider de la communication et de l’utilisation de ses données personnelles. (http://revdh.revues.org/1038#tocto1n1)

« Le Conseil d’Etat a écarté résolument l’idée que le rapport entre une personne et les données la concernant se réduise à l’exercice du droit de propriété. Cette conception patrimoniale avait pourtant été défendue par certains, qui considéraient que c’était le seul moyen de faire de l’individu l’acteur principal dans la gestion de ses données. D’autres, au contraire, dénonçaient le fait que l’individu risquait de ne plus percevoir ses données personnelles qu’ à travers l’avantage financier qu’elles peuvent lui procurer. D’une manière générale, cette conception patrimoniale, très proche de celle développée par le droit américain, impose une forme de privatisation de la protection des données.
Le Conseil d’Etat préfère ancrer la protection des données dans la sphère du droit public, et plus précisément dans celle de la protection des libertés. C’est pourquoi il suggère la consécration d’un droit à l’autodétermination informationnelle, beaucoup plus large que le seul droit de propriété. Il implique en effet « le droit de tout individu de décider de la communication et de l’utilisation de ses données à caractère personnel ». Certes, ce droit à l’autodétermination n’interdit pas à l’intéressé d’aliéner ses données personnelles. Mais il doit au préalable pouvoir bénéficier du droit d’accès, indispensable à la connaissance même des informations conservées, et du droit de rectification si ces données sont erronées ou non pertinentes par rapport à la finalité du fichier »

Des outils pour conforter la confiance

Pour redonner confiance aux individus par rapport aux marques, il est nécessaire d’établir un nouveau type de relation fondée sur la maîtrise conjointe des données personnelles et une relation commerciale éthique, c’est la relation client 3.0 qui protège notamment la vie privée des consommateurs.

Néanmoins, politique de conformité, Charte, Label… ces bonnes intentions ne garantissent rien. Plus que des mots, pour établir la confiance, il faut également des outils qui ne permettent aucune ambiguïté, ce sont les dispositifs de confiance.

Finalement, le nouveau pétrole du XXIème siècle est la Confiance. D’après Sarah A.Downey « Privacy isn’t about having something to hide. It’s about control. Either you have it, or someone else does ».

L’avenir est dans la décentralisation

Tout stocker ou gérer à partir d’un seul point, ou serveur, comporte désormais des risques que l’actualité nous met en exergue avec les vols de données et les compromissions organisés par des hackers.

Alors pourquoi s’embêter à décentraliser?

La décentralisation, c’est la liberté de choix pour s’affranchir de la censure. C’est plus de confidentialité qui permet de décider quoi partager et avec qui. Ce sont des économies avec moins de frais et moins de staff. C’est plus de sécurité avec moins de points de faiblesse et enfin c’est plus de concurrence, pour plus de choix aux utilisateurs.

Il existe maintenant des dispositifs ayant adopté la décentralisation qui sont de véritables alternatives aux services grand public: Gmail vs Bitmessage • Dropbox vs Storj • Facebook vs Minds Twitter vs Twister • USD/EUR vs Bitcoin • Snapchat vs Firechat • Chrome vs Project Maelstrom.

Les bénéfices de la décentralisation sont nombreux: une relation plus directe entre les individus, un système plus démocratique avec une participation plus forte qui apporte une responsabilisation accrue qui engendre plus de transparence et des services plus efficaces, les utilisateurs sont alors plus fidèles.

Enfin, il faut chiffrer les données pour sécuriser totalement l’architecture.

Décentralisation du système, chiffrement, respect et maîtrise conjointe des données personnelles entre les clients et les marques…la relation client 3.0 est une formidable opportunité pour les entreprises qui acceptent de redonner du pouvoir à l’individu.

Texte et illustration : Preezm

Source : www.preezm.com

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